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Mais qui es-tu Banksy ?

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Mais qui es-tu Banksy ?

 
Lorsqu’on évoque le Street Art, on pense bien entendu à Banksy. Il est impossible aujourd’hui de passer à côté de ce provocateur devenu aujourd’hui l’incontournable dans sa discipline. Pourtant, on ignore beaucoup de choses sur ce personnage subversif qui aime entretenir le mystère. Nous allons donc tenter de répondre à ces deux questions : Mais c’est qui réellement Banksy? Et pour qui il se prend ?
 
Son histoire


Faire une biographie de Banksy est une tâche difficile à réaliser tant l’artiste est énigmatique. D’après des chercheurs de l’université Queen Merry à Londres, il s’appellerait en réalité Robin Banks et aurait grandi à Bristol en Angleterre dans les années 80’. Après une formation de boucher ratée, l’adolescent se concentre sur la peinture de rue. Au début des année 90’, il est leader d’un groupe de graffeurs nommés les Bristol's DryBreadZ et signe ses premières œuvres de son blaze « Banksy ».
 
 
A partir de 1993, ses graffitis efficaces se répandent dans le pays et vont lui donner une solide réputation. Ils réagissent rapidement aux faits d’actualité avec humour et insolence sur le mobilier urbain des rosbifs.

Banksy va devenir, par la suite, un artiste international à la fin des années 90’ en même temps qu’on voit fleurir ses œuvres urbaines un peu partout dans le monde.
 
 
Début 2000, le graffeur ne se contente plus de peindre la rue. Il devient adepte des coups d’éclat et va, par exemple, entrer par effraction dans les plus grands musées du monde comme le MoMa, le Tate Britain ou le Louvres pour diffuser des satires de tableaux qui s’y trouvent.
 
 
 

La consécration intervient en 2009, où il commence à exposer ses œuvres un peu partout dans le monde comme au musée de Bristol. Les vernissages se font en son absence même si certains racontent qu’il est bien présent mais de façon incognito. Banksy va également réaliser son film « Faites le mur » qui sera nommé au Oscar dans la catégorie meilleur film documentaire en janvier 2011.

Le Style Banksy

 
Si nous ne connaissons pas grand-chose de sa vie, nous pouvons, par contre, détailler son style grâce à la multitude d’œuvres qu’il laisse dans les rues du monde entier. Hautement inspiré par un graffeur français des année 80’ du nom de « Blek le rat », les graffitis de Banksy sont réalisés avec la technique du pochoir en carton qu’il affine années après années. Le principe est de réaliser des modèles qu’il peut reproduire à l’infini. Avec le temps ses graff deviennent plus élaborés avec l’utilisation de la PAO (Production Assistée par Ordinateur) et la transposition d'images. En plus de bombes aérosols, sa technique de peinture à main levée s’améliore également.

Ses créations sont subversives et percutantes. Il aborde des sujets de société avec dérision et désinvolture. Toujours posté à la frontière de l’illégalité, Banksy est un vrai rebelle qui n’hésite pas à frapper là ou ça fait mal lorsque des décisions qu’il trouve injuste le touche.
 
Les coups d’éclats :

« Rats » est une série de graffitis qui représente des rats dans un quotidien imaginé par l’artiste. Le choix de ces animaux n’est pas un hasard. Ils sont détestés et chassés et correspondent parfaitement à la personnification de l’opprimé que la société ne veut pas voir. Le rat anagramme d’« art » représente également la chasse aux sorcières que subissent les graffeurs comme lui.
 
 
 
Parfois impertinent, en 2004 il fait imprimer des faux billets à l’effigie de Lady Di, remplaçant le « Bank of England » par « Banksy of England », et les dispersent lors du carnaval de Notting Hill.
 
 
Très impliqué contre l’injustice, il réalise en 2005 « Santa's ghetto ». Il peint neuf images sur le mur de Bethléem qui sépare Israël de la Palestine. Il utilise la technique du trompe l’œil donnant l’illusion de voir des ouvertures donnant de l’autre côté. On peut voir l'image d'une échelle qui atteint le haut du mur ou encore un autre qui représente des enfants creusant un trou pour atteindre l'autre côté.

Début 2015, cette fois, Banksy se rend à Gaza, en Territoire Palestinien, clandestinement via les tunnels, pour réaliser plusieurs graffitis qui dénoncent le quotidien caché des palestiniens.
 
 
 
 
En 2010, il réalise, au camp de réfugiés à Calais, plusieurs graffitis, dont l’un représente un Steve Jobs moribond qui rappelle que le père biologique de ce dernier n’était autre qu’un migrant syrien.
 
 
Banksy est un artiste qui aime réaliser des pastiches parfois de manière totalement illégale comme le piratage du disque de Paris Hilton. Malgré les plaintes, son talent lui apporterait une forme d’immunité judiciaire. A moins que se ne soit son anonymat?

En 2015, il crée un parc d’attraction parodique et satirique nommé « Dismaland » qui est en réalité une exposition temporaire d’œuvres éphémères de 25 artistes. Récemment, il ouvre un hôtel fantasque trois étoiles devant le mur de Bethléem en Israël avec des chambres aux thèmes loufoques.
 
 
 
L’anonymat participe à la légende

L'artiste a toujours refusé de donner des interviews, désirant garder son anonymat et sa liberté d’artiste. Souvent comparé à Basquiat ou Haring , Bansky a aujourd’hui la réputation d’artiste engagé contre l’injustice sociale même s’il refuse la célébrité qui découle de sa démarche. Plusieurs projets artistiques et commerciaux de grande envergure lui ont été proposé essuyant à chaque fois la même réponse : NON. C’est en réalité l’anonymat qui participe à la légende du graffeur laissant l’ensemble de son œuvre sous un intrigant mystère : Mais qui est réellement Banksy ?